Cliquez sur l'image pour lire la double page
Une double-page du Républicain Lorrain de ce lundi 23 février 2026 fait part des problèmes des petites communes face aux élections municipales qui auront lieu dans moins de 3 semaines.
Fin du panachage, publication des listes
Les autres évolutions engendrées par la loi de 2025 viennent, quant à elles, s’ajouter à l’obligation de parité. « Je suis obligée de me mettre en seconde position pour n’avoir à trouver que quatre autres femmes », précisent Laurine Gillot. Onze colistiers doivent impérativement former les listes des communes de moins de 1000 habitants. Avec une alternance femme/homme à respecter, le choix de la tête de liste n’est pas anodin. Surtout, les listes doivent désormais être officiellement arrêtées et publiées.
Il ne sera plus possible aux électeurs de faire du panachage
La pratique du panachage, soit le fait de rayer certains noms sur une liste au profit d’une autre, s’arrête également en 2026. « Beaucoup d’évolutions : on essaye d’en informer les électeurs, mais ce n’est pas évident. Le panachage était une pratique bien ancrée », conclut Laurine Gillot.
Quelles volontés ont guidé la réforme du scrutin des élections municipales ?
« Deux lois du 21 mai 2025 modifient le cadre législatif entourant les élections municipales. Une première, dite organique, qui vient compléter, préciser la Constitution ; une seconde, ordinaire, qui définit et permet la mise en application des nouveaux principes. Principalement, cette évolution législative s’attache à faire appliquer la parité dans les communes de moins de 1 000 habitants. Mais c’est également pour plus de transparence que le législateur s’est saisi du sujet. Les élections municipales dans les petites communes étaient dérogatoires. Elles entrent désormais dans le droit commun. »
Concrètement, que changent ces deux lois dans la constitution des listes pour les candidats ?
« La parité, principe constitutionnel reconnu, est appliquée. Les listes devront nécessairement comporter un certain nombre de colistières et de colistiers. Mais ces deux évolutions bousculent également les listes elles-mêmes. Avant 2025, on ne votait pas pour une liste, mais pour un maire. Par ailleurs, un candidat n’avait aucune obligation de se déclarer officiellement. Désormais, non seulement le candidat doit publier sa candidature, mais également constituer une liste fixe. »
« Le dépôt obligatoire de liste complète n’est pas anodin. Les listes sont maintenant fermées. Il ne sera plus possible aux électeurs de faire du panachage , c’est-à-dire de rayer certains noms sur une liste au profit d’autres, sur des listes concurrentes. Ce « tir aux pigeons » était monnaie courante. De la même manière, l’obligation de dépôt de la liste entraîne mécaniquement la fin des candidatures non déclarées. Ces évolutions ont donc de multiples conséquences sur les électeurs. Il sera intéressant de regarder le nombre de bulletins nuls comptabilisés dans les petites communes, pour voir si ces évolutions ont été assimilées par les électeurs. De nombreuses irrégularités sont possibles. »



































